Achat vin en ligne

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Achat vin d'Alsace - Nicolas - Chateau Online

La vigne a été connue de toute antiquité. Sur des tombeaux de rois qui régnaient à Memphis, quatre mille ans avant Jésus-Christ, on a trouvé des signes, des figures, prouvant que la vigne était cultivée à cette époque et que, même, les habitants connaissaient le travail de la vinification, à peu près tel qu'il est aujourd'hui.

Il nous faut arriver à la Grèce d'Homère pour constater avec certitude le grand rôle que jouaient le vin et les chants qu'il inspirait. Le chantre de l'Iliade nous dit que Nestor, le plus vénéré des Grecs, soignait sa sagesse et sa longévité par le vin. Excellente hygiène qu'on ne saurait trop prêcher.

Les Grecs avaient aussi des grands crus renommés et chantés, les vins d'Argos, de Chio, de Cos, de Crête, d'Halicarnasse et, pour le dessert, ceux de Rhodes et de Lesbos.

A Rome, le vin d'Albe (vanté par Virgile), de Campanie, le Massique, le Cécube, le Falerne. Et c'étaient des vins de conserve puisque Pline raconte qu'on servit à la table de Caligula un vin qui avait cent soixante ans d'âge !

Les Gaulois, nos aïeux, rendaient un culte à Bacchus qui était pour eux le père de la joie, nous dit l'empereur Julien.
C'est dans le jus de la treille qu'ils puisaient leur esprit aventureux, leur gaieté batailleuse, leur mépris du danger.
Sous la domination romaine, l'empereur Domitien, d'exécrable mémoire, fit arracher toutes les vignes des Gaules sous le prétexte qu'elles attiraient trop souvent les barbares germains avides de leur vin. La vérité, c'est qu'il voulait priver les Gaulois de la précieuse liqueur qui exaltait leur fierté et le farouche amour de leur indépendance.
Heureusement, au IIIe siècle, Probus permit aux Gaulois de replanter leurs vignes et, mieux encore, ce brave empereur les fit aider dans cette reconstitution par ses soldats qui couvrirent les coteaux ensoleillés du glorieux bois tortu.


On sait qu'au XIe siècle, le Normand Robert Guiscard s'empara de la Sicile et de Naples et qu'il fonda à Salerne une école de médecine qui devint la première de l'Europe. (Peut-être ne fit-il que la perfectionner car des auteurs affirment qu'elle était déjà célèbre au VIIIe siècle). Elle a émis des aphorismes judicieux à propos des vins ; j'en traduis, à peu près, quelques-uns :

" Les vins blancs, doux, sont les plus nourrissants pour le corps ; les vins rouges sont les plus salutaires, ils donnent bonheur et santé. Méfiez-vous des vins noirs, épais, ils produisent des lourdeurs d'estomac ".

Et l'école de Salerne recommande le vin pour servir avec les fruits, accommoder le cochon, le poisson, la volaille, l'oie surtout. Jean de Milan a traduit ainsi la recommandation :

" L'oie veut être abreuvée, c'est un fait très certain.
Vive, elle veut de l'eau ; morte, elle veut du vin. "


Au fond du vin se cache une âme... a dit Th. de Banville. Oui, et cette âme se mêle à notre âme française, y apportant sa poussée joyeuse, vivifiante, féconde, qui nous rend plus sacrés l'amour du sol natal, le souvenir des aïeux, l'espérance, quand même!

Cette âme, emprisonnée dans le tonneau, dans la bouteille, il faut la délivrer le plus souvent possible, ô bons buveurs honnêtes ! Elle allume en nous des rêves de fraternité que... nos petits-fils réaliseront peut-être.

Ernest Legouvé, le constatant, a écrit fort judicieusement : " Si l'on me permet une comparaison familière, je dirai qu'une des gloires du pays de France est dans ses vins. L'Allemagne a son Johannisberg, la Sicile, son Marsala, l'Italie, son Lacryma Christi, l'Espagne, son Madère et son Malaga ; la France les a tous ! Le vin de Bordeaux est fort, sain et sage. Le vin de Bourgogne, généreux et fougueux. Le vin de Champagne a le pétillement et la légèreté ; les vins de Provence, la chaleur concentrée et puissante ; les vins fins du Midi ont emprunté aux vins espagnols leur couleur et leur liqueur. Or, toutes ces saveurs, tous ces arômes, toutes ces ivresses, je les ai retrouvés dans la dégustation de nos divers écrivains. Et, encore, suis-je loin d'avoir visité tous nos grands crus ".

Vin et la chanson -- E. Flammarion (Paris) -- 1913

Le vin français chez l'étranger
Inocule notre pensée ;
De notre esprit vif et léger
C'est la sentinelle avancée.
Devant ce produit si goûté
Disparaît toute défiance
Et nous pouvons, sans un traité,
Former une Sainte-Alliance !...
Coule, coule, bon vin de France,
Arrose notre gaîté!

JUSTIN CABASSOL.

De Tonnerre à Dijon, De Beaune à Châtillon,
De Châtillon à Beaune, De la Seine à la Saône,
Au pays bourguignon, Ah ! que le vin est bon !

L. DE RILLÉ.

O la côte de Nuits !
Clos-Vougeot ! Richebourg ! La Tache ! Romanée !
Saint-Georges ! dix encor !... région fortunée,
Où le nectar des dieux remplace l'eau des puits !...
O la côte beaunoise !
Où le fin Montrachet, le superbe Corton,
Pommard, Volnay, Meursault, détiennent en flacon
La belle humeur gauloise !

Piron

Reims ! Epernay !... Murs renommés
Joyaux de ce riche domaine,
Autour de vous sont parsemés
Sous votre égide souveraine
Ces beaux coteaux chéris des cieux !
Ay, Pierry, Mareuil, Avize,
Et Sillery... cent autres lieux,
Ton apanage, ô mousse exquise !

CH. LECŒUR.

O Lafite, étampe immortelle,
Cos d'Estournel, Château-Margaux,
On peut vous prendre pour modèle,
Ailleurs, vous n'avez pas d'égaux.

Château-Latour, Château-Larose,
Haut-Brion, cru si renommé,
Heureux le palais qui s'arrose
De votre liquide embaumé.

Trésors des Palus et des Graves
Issus des baisers du soleil,
Vous êtes le ressort des braves,
La France vous doit son réveil.

Quand nous avions la mort dans l'âme
Dans les affres des mauvais jours,
Des coeurs vous raviviez la flamme
Dont le foyer brûle toujours.

Mais bien que le passé nous pèse,
Grâce à vous, o vins généreux,
Par degrés le monde s'apaise
Et fait le rêve d'être heureux.

A. LAVILLE.

S'il est un endroit enchanté
Parmi tous les pays du monde
C'est bien celui qui fut doté
De cette vigne sans seconde ;
Tout Français en est orgueilleux,
L'univers célèbre sa gloire,
Car il donne un vin généreux
Qu'on ne peut se lasser de boire !
Salut, Médoc ! Chère liqueur !
Joyeux nectar, douce caresse,
Qui nous met tant de joie au coeur.
Dans le cerveau, tant d'allégresse !
Le verre plein, chantons en choeur,
Oui, chantons à la ronde.
Ce roi de la Gironde !